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Interview de Coralie Dubuisson

Dans les métiers de proximité, certaines initiatives naissent d’un regard attentif et d’un engagement sincère au quotidien. C’est le cas du Troky Tour, un projet solidaire imaginé et porté par trois gardiens d’immeubles de SIA Habitat, dont Coralie Dubuisson.

Gardienne depuis douze ans, Coralie place la relation humaine au cœur de son métier. À travers cette interview, elle revient sur son parcours, la genèse du Troky Tour et l’impact concret de cette initiative sur les habitants. Un témoignage qui illustre pleinement la dimension sociale et collective des métiers de gardien d’immeubles, et la force du travail d’équipe au service des résidents.

1. Parcours et engagement personnel

Qui est Coralie Dubuisson quel a été son parcours professionnel avant d’intégrer SIA Habitat ?

Avant même d’évoquer son métier, Coralie Dubuisson se présente spontanément comme une maman de quatre enfants et une mamie de deux petits-enfants. Son attachement à la famille et aux valeurs humaines transparaît immédiatement.

Professionnellement, son parcours s’est toujours inscrit dans le domaine du nettoyage et de l’entretien. Elle a exercé en entreprise, puis en tant qu’entrepreneure, en proposant ses propres prestations. Ces expériences lui ont permis de développer rigueur, autonomie et sens du service, des qualités qui l’accompagnent encore aujourd’hui.

Coralie est gardienne d’immeubles chez SIA Habitat depuis 12 ans. Qu’est-ce qui lui a donné envie d’exercer ce métier et qu’est-ce qui la motive aujourd’hui encore ?

Depuis douze ans, Coralie exerce le métier de gardienne d’immeubles chez SIA Habitat. Si ses missions comprennent le nettoyage et l’entretien des résidences, ce n’est pas uniquement l’aspect technique qui l’a attirée.

Ce qui l’a séduite et ce qui la motive encore aujourd’hui, c’est la relation avec les locataires. Elle apprécie le contact humain, les échanges quotidiens et la satisfaction de pouvoir rendre service. La reconnaissance et la confiance des habitants constituent pour elle une véritable source d’énergie.

Son rôle va bien au-delà des missions techniques. Comment définir sa relation avec les locataires ?

Son rôle va bien au-delà de l’entretien des parties communes. Coralie définit sa relation avec les locataires comme une relation fondée sur le respect mutuel.

Elle veille à instaurer un climat de confiance, en restant disponible et à l’écoute. Son objectif est de faire au mieux pour chacun, en tenant compte des situations personnelles et des besoins exprimés. Cette proximité crée un lien durable, basé sur la bienveillance et la considération.

Avec le recul, qu’est-ce qui la rend la plus fière dans son parcours jusqu’à aujourd’hui ?

Avec le recul, ce qui rend Coralie la plus fière est l’aide qu’elle peut apporter au quotidien. Elle accorde une grande importance à l’écoute des locataires, parfois dans des moments difficiles de leur vie.

Elle sait que certains n’osent pas toujours solliciter de l’aide. Être attentive, savoir repérer les situations délicates et tendre la main lorsque cela est possible fait partie intégrante de son engagement. C’est dans ces gestes simples, mais essentiels, qu’elle trouve le plus de sens à son parcours.

2. Genèse du projet Troky Tour

Le projet Troky Tour est né d’un constat de terrain. Elle nous explique ce qu’elle observait au quotidien auprès des locataires

Au quotidien, Coralie constatait une précarité grandissante chez certains locataires. Certaines personnes arrivaient dans leur logement avec très peu de moyens ou sans équipement de base.

Dans le même temps, d’autres habitants proposaient régulièrement des dons : mobilier, vaisselle, couvertures ou objets du quotidien.

Deux réalités coexistaient au sein des résidences. D’un côté des besoins urgents. De l’autre, une générosité bien présente. Mais aucun cadre pour relier efficacement les deux.

À quel moment se sont-ils dit, avec ses deux collègues, qu’il fallait aller plus loin et imaginer un projet collectif plus large ?

Après près d’un an d’observation et d’échanges informels, le constat s’est imposé. Les dons continuaient d’affluer et certaines situations restaient préoccupantes.

Tous trois sont engagés dans des associations venant en aide aux personnes sans abri. Ils avaient déjà l’habitude de récupérer ou de transmettre ponctuellement des objets utiles.

Peu à peu, l’idée a pris forme : structurer cette solidarité. Lui donner un cadre. Créer un moment dédié, visible, assumé.

C’est ainsi qu’est née l’idée d’une braderie solidaire.

Qu’est-ce qui a personnellement convaincue Coralie que cette braderie solidaire pouvait avoir un réel impact pour les habitants ?

Ce qui a convaincu Coralie, c’est la réalité du terrain. Certaines personnes, auparavant hébergées ou sans domicile, entraient dans leur logement sans vaisselle, sans lit ou sans canapé. D’autres, disposant de retraites modestes, devaient remplacer un mobilier devenu inutilisable.

Il arrivait également que, suite à un décès, des proches souhaitent donner le mobilier et les objets laissés derrière eux.

Face à ces situations, la solution s’est imposée simplement :

  • Mettre en relation ceux qui donnent et ceux qui ont besoin
  • Donner une seconde vie aux objets tout en apportant une aide concrète

Pour Coralie, cette démarche relève du bon sens. Transmettre plutôt que laisser se perdre.

3. Travail d’équipe et accompagnement

Le Troky Tour est une initiative portée par trois gardiens, Coralie, Raymonde et Florent. Comment s’est organisée cette dynamique d’équipe entre eux ?

Une fois l’idée posée, la coopération s’est faite naturellement.

Habitués à échanger régulièrement sur les besoins de leurs résidences respectives, les trois gardiens ont structuré leur coordination. Ils communiquaient déjà fréquemment par téléphone pour signaler des dons ou des situations urgentes.

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En quoi cet accompagnement leur a-t-il facilité le passage de l’idée à un projet concret et structuré ?

Dans le cadre de ce type d’initiative, l’accord de la direction est indispensable. Les trois gardiens ont donc présenté leur projet dans le cadre d’un appel à projets interne.

Florence Dubreucq les a soutenus dès le départ. Elle les a encouragés à formaliser leur idée et les a accompagnés dans la structuration du projet.

Son appui a permis de transformer une intention solidaire en démarche organisée, avec un cadre clair et une mise en œuvre concrète.

Le projet a été validé, porté par l’enthousiasme qu’il suscitait et par la cohérence de son objectif social. Cet accompagnement a été déterminant pour passer de l’élan spontané à une action structurée et reconnue.

Côté complémentarité entre les trois acteurs du projet

La complémentarité entre Coralie, Raymonde et Florent s’est imposée comme une évidence. Tous trois partagent une expérience associative et un engagement personnel auprès de publics fragilisés.

Cette culture commune de la solidarité leur a permis d’avancer naturellement, sans avoir à définir longuement les rôles. Chacun connaissait les réalités du terrain et mesurait l’importance d’une organisation rigoureuse.

Leur expérience leur a facilité la coordination et renforcé la cohérence du projet. Le Troky Tour est le fruit de cette synergie humaine autant que professionnelle.

4. Déroulé du Troky Tour et mobilisation

À noter que le premier Troky Tour s’est tenu sur la résidence de Raymonde, là où le besoin d’accompagnement était le plus marqué.

Déroulement d’une journée type du Troky Tour, de la préparation jusqu’à la fin de l’événement ?

La réussite de l’événement repose sur une préparation minutieuse. Les services techniques de la ville ont prêté et installé le matériel nécessaire, notamment les tables et les tonnelles. Raymonde, en lien régulier avec le maire de la commune qu’elle connaît bien, a facilité cette mise en place logistique.

Les trois gardiens ont ensuite organisé les dons par catégories, jouets, vêtements, chaussures, petit mobilier. Cette organisation permettait aux participants de repérer facilement ce dont ils avaient besoin.

Des locataires se sont également investis pour aider à la préparation et à l’installation. Un goûter a été prévu, et certains habitants ont participé à sa distribution.

Au fil de la journée, l’événement a pris une dimension conviviale. Au-delà de la récupération d’objets, c’est un véritable moment de partage qui s’est créé, renforçant les liens entre les habitants.

La communication a joué un rôle important. Quels moyens ont été utilisés pour informer et mobiliser les locataires ?

La communication a été un levier essentiel. Des affichages ont été installés dans la résidence de Raymonde et des SMS ont été envoyés aux locataires.

Mais le moyen le plus déterminant a été le porte à porte. Raymonde s’est fortement impliquée dans cette démarche, prenant le temps d’expliquer le projet directement aux habitants.

Le dialogue a permis de rassurer, notamment les personnes susceptibles de bénéficier des dons. Il était important que chacun se sente à l’aise, sans crainte de jugement. Cette approche humaine a favorisé la confiance et encouragé la participation.

A-t-elle été surprise par l’implication des locataires avant et pendant la braderie ?

« Oui ils avaient hâte que le jour J arrive ! »

L’enthousiasme était palpable avant même l’événement. Les habitants attendaient cette journée avec impatience. L’implication s’est confirmée le jour venu, avec une participation active et une vraie énergie collective.

5. Impact humain et social

Qu’est-ce qui a le plus marqué Coralie lors des différentes éditions du Troky Tour ?

« C’est surtout la convivialité ! »

Au-delà des dons et de l’organisation, c’est l’atmosphère qui a profondément marqué Coralie. Les habitants se rendaient à la braderie en confiance. Personne ne semblait gêné. Le regard des autres n’était pas un frein. Comme elle le précise, ce sentiment d’absence de jugement n’est pas toujours évident dans ce type de situation.

Le Troky Tour a su créer un espace simple, humain, où chacun pouvait donner ou recevoir avec dignité.

En quoi cette initiative a-t-elle changé, même modestement, le quotidien des habitants ?

L’initiative a renforcé le lien avec le gardien. La confiance s’est consolidée, l’entraide s’est développée, et l’écoute a pris encore plus de place dans la relation.

Elle a également favorisé les échanges entre les habitants eux-mêmes. Le projet n’a pas seulement permis de transmettre des objets, il a aussi contribué à tisser des liens.

Un souvenir, une scène ou un témoignage de locataire qui a particulièrement touché Coralie ?

« C’est mon cœur de maman qui parle en voyant le bonheur des enfants ! Regarde maman j’ai mon nouveau jouet ! »

Les enfants semblaient tellement ravis d’avoir une nouvelle peluche ou un nouveau jouet. Ils avaient des étincelles plein les yeux.

« On voyait les locataires heureux, eux aussi ! »

Ces instants simples, presque suspendus, ont profondément marqué Coralie. Derrière chaque objet transmis, il y avait un sourire, un soulagement, parfois une fierté retrouvée.

Pensez-vous que ce type d’action renforce le lien de confiance entre les gardiens et les résidents ? Pourquoi ?

Oui, indéniablement. Ce type d’action montre aux habitants que les gardiens ne sont pas uniquement des référents techniques, mais aussi des acteurs engagés dans la vie de la résidence.

En créant un espace d’échange et de solidarité, ils renforcent la proximité, la confiance et la légitimité de leur rôle social. Le lien devient plus fort parce qu’il s’appuie sur des actes concrets.

6. Donner la parole au collectif

Nous avons souhaité donner la parole à ses deux collègues pour répondre à deux questions, dont la première ci-dessous :

Sachant que le Trocky Tour a rencontré un véritable succès auprès des locataires. Qu’est-ce que cette aventure collective vous a apporté à vous personnellement ?

« Cette aventure collective a été pour moi une journée d’action solidaire pleinement réussie. J’ai eu le sentiment d’avoir apporté un peu de bonheur à nos locataires qui sont dans le besoin au quotidien. Leurs remerciements et sourires sont toujours les bienvenus et de ce fait je me suis senti utile en dehors de mon travail quotidien. »

Florent Lerouge

« Pour ma part le TROKY m’a apporté de la fierté de voir nos locataires heureux et nombreux à me remercier pour cette belle après-midi.
Et c’est une belle cohésion avec mes deux collègues Coralie et Florent ! »

Raymonde Mertz

Est-ce que cette expérience a changé leur manière de travailler ensemble au quotidien ?

Elle n’a pas changé leur manière de travailler ensemble. En revanche, elle leur a procuré un réel plaisir d’agir collectivement pour une cause commune.

Tous reconnaissent que l’échange autour des besoins des locataires fait déjà partie de leur ADN professionnel. Le Troky Tour n’a fait que révéler et renforcer cette dynamique.

Plus largement, que révèle selon Coralie, pour le Troky Tour, de l’importance du travail d’équipe dans les métiers de proximité ?

Pour Coralie, c’est un vrai bonheur de partager ces moments collectivement. Le travail d’équipe permet de donner plus d’ampleur aux initiatives et de porter des projets qui dépassent le cadre individuel.

Dans les métiers de proximité, la cohésion et la coopération sont des leviers essentiels pour répondre au mieux aux besoins du terrain.

7. Reconnaissance et perspectives TROPHEES Franchir et  Fédération des ESH

Le Troky Tour a été récompensé par les Trophées Franchir. Qu’a-t-elle ressenti en apprenant cette distinction ?

Elle a ressenti une véritable satisfaction de son engagement au quotidien envers les locataires. Cette reconnaissance vient valoriser un investissement sincère et constant.

Chaque membre du tri a pris la parole lors de la remise des Trophées de la Proximité 2025

Voici la seconde question posée à ses 2 collègues :

Que représente cette reconnaissance pour vous, pour vos collègues et pour SIA Habitat ?

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« La remise de ce trophée est effectivement une reconnaissance professionnelle. Vis-à-vis de SIA HABITAT, c’est un savoir-être qui a été mis en valeur, une nouvelle action qui demande à être développée. Et entre collègues, ça montre qu’on est toujours plus fort et riches d’idées et de projets.
Nous savons pourquoi on se lève le matin afin de s’épanouir dans notre rôle de lien social ! »

Florent Lerouge

« Cette reconnaissance m’apporté encore plus de motivation pour la prochaine journée Troky.
Pour les collègues, cela peut leur donner des idées.
Pour la SIA, cela représente de la fierté également que le travail d’équipe porte ses fruits, le lien social est très important et c’est une priorité dans notre société.»

Raymonde Mertz

Nous avons aussi questionné Coralie sur le fait que ce type de projet puisse être déployé à plus grande échelle, sur le territoire de SIA Habitat ?

Le Troky Tour était une première édition. Deux autres pourraient voir le jour, portées par le trio de gardiens et les résidences qu’ils gèrent.

SIA Habitat compte aujourd’hui environ 130 gardiens. L’espoir est que cette initiative puisse inspirer d’autres résidences du groupe.

« C’est un moment à vivre ! »

Ce type d’événement apporte une satisfaction profonde, celle d’avoir répondu à des besoins simples mais essentiels, un bol, un gilet de laine.

Comme le souligne si bien Coralie : « Avec des petits riens on fait des grands tout »

Conclusion

Le trio de gardiens souhaite que cette initiative puisse se généraliser au sein du bailleur.

La remise des Trophées Franchir à Paris a constitué un moment fort. Partir ensemble, aux côtés de Florence et des autres lauréats, a renforcé leurs liens. Ce déplacement a aussi été l’occasion d’un temps convivial, avec une visite supplémentaire de la capitale.

À leur retour, ils ont été conviés à un petit déjeuner organisé par la direction de SIA Habitat. Un geste symbolique, venu saluer leur engagement et marquer la réussite collective du projet.

Le Troky Tour n’est pas seulement une braderie solidaire. C’est la preuve qu’au cœur des résidences, la solidarité peut devenir un véritable moteur d’action et de lien social

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Portrait Florence Dubreucq 

À la suite de la Remise des Trophées 2025, au cours de laquelle quatre équipes de gardiens de SIA Habitat ont été récompensées, Franchir a souhaité donner la parole à Florence Dubreucq, engagée au quotidien aux côtés de ces équipes de terrain.

Depuis janvier 2026 Florence est devenue Coordinatrice des Politiques Sociales au sein de SIA HABITAT. Entrée au sein de ce bailleur social en 2022, elle occupait jusqu’à fin 2025 le poste de Chargée de Mission du Développement Social Urbain.

Pour commencer, son parcours

Florence Dubreucq Coordinatrice Politiques Sociales

Son parcours professionnel et ce qui l’a menée aujourd’hui à son de rôle de Chargée de mission Développement social urbain chez SIA Habitat

Après un BTS d’assistante de direction, Florence a travaillé plusieurs années à l’Assurance Maladie, où elle a occupé différents postes, de l’éducation à la santé aux missions administratives, en passant par des projets d’innovation sociale. Ces expériences lui ont permis d’être au contact direct des publics tout en contribuant à des actions centrées sur le bien être des personnes.

Ces années ont été particulièrement épanouissantes pour elle. Contribuer concrètement à améliorer le quotidien des autres et développer des initiatives innovantes a façonné sa vision professionnelle. C’est ce qui l’a naturellement conduite à rejoindre SIA Habitat pour s’engager pleinement dans le développement social urbain.

Y a-t-il une étape ou une expérience marquante qui a façonné votre regard sur le lien social dans les quartiers ?

Plus qu’un moment précis, ce sont les rencontres accumulées au fil des années sur le terrain qui ont façonné son regard sur le lien social. Les échanges avec les habitants et les acteurs de proximité tel que les travailleurs sociaux lui ont montré à quel point une écoute sincère peut transformer certains individus.

Elle l’a souligné :

« Des personnes parfois perçues comme fermées changent profondément dès lors qu’on leur accorde du temps, une écoute sans jugement et une parole sincère, sans fausses promesses. »

Elle a aussi compris combien les quartiers recèlent une richesse humaine souvent invisible. On y apprend beaucoup des habitants et de leur capacité à faire face aux difficultés. Ce sont ces constats qui ont renforcé sa conviction que le lien social de proximité est essentiel dans l’exercice de son métier.

« Avec le temps, on devient ce “petit truc en plus” qui apporte un repère dans des contextes souvent marqués par la précarité, le chômage, la solitude ou l’épuisement. »

Le déclencheur de l’engagement

Qu’est-ce qui l’a motivée personnellement à encourager et soutenir les actions portées par les gardiens au quotidien ?

Ce qui motive Florence avant tout, c’est la conviction que les gardiens jouent un rôle clé dans le bien être des locataires. Présents au quotidien, proches des habitants et fins connaisseurs des résidences, ils sont en mesure d’agir de façon très concrète. Même une action simple, portée par un gardien, peut avoir un impact immédiat et visible.

« Soutenir leurs initiatives, c’est donc agir directement sur la qualité de vie dans les quartiers. »

Est-ce plutôt son parcours professionnel, sa sensibilité personnelle, ou le contact direct avec les gardiens qui a été le véritable déclencheur ?

« C’est un mélange des trois !
Ma sensibilité personnelle m’a naturellement conduite vers des métiers à dimension humaine. »

Le parcours professionnel de Florence lui a apporté les outils nécessaires pour accompagner des projets. Les échanges quotidiens avec les gardiens, leur dévouement, leur connaissance fine des résidences et leur volonté sincère d’aider les locataires nourrissent et renforcent chaque jour son engagement.

Est-ce une action ou un projet de gardien qui l’a particulièrement marquée et qui a renforcé cette envie d’agir ?

Plus qu’une action précise, ce sont l’ensemble des projets menés avec les gardiens qui ont marqué Florence et renforcé son envie d’agir.

« À chaque fois qu’un projet se concrétise, qu’il apporte un mieux-être aux habitants, cela me donne immédiatement envie d’en impulser un nouveau. Je ne ressens jamais une “fin” mais plutôt une dynamique qui se nourrit d’elle-même. »

Ce qui l’anime, c’est la continuité :

  • rester présente,
  • maintenir l’élan,
  • accompagner les gardiens et les locataires dans la durée.

Chaque initiative confirme que la démarche est juste et qu’il existe toujours des pistes à améliorer ou à inventer.

C’est cette dynamique, renouvelée projet après projet, qui nourrit son engagement au quotidien.

Le rôle clé des gardiens

De manière générale, qu’apportent ces initiatives de gardiens à la vie des résidences et aux habitants ?

De manière générale, qu’apportent ces initiatives de gardiens à la vie des résidences et aux habitants ?

Pour Florence, les initiatives portées par les gardiens sont essentielles : elles insufflent de la vie, de la cohésion et, surtout, un véritable sentiment d’appartenance au sein des résidences. Elle voit en eux un rempart précieux contre l’isolement, facilitant un « vivre-ensemble » qui améliore concrètement le quotidien de chacun.

Au-delà du lien social, Florence souligne que ces actions ont un véritable effet apaisant. En étant présents et actifs, les gardiens sécurisent les lieux et renforcent ce lien de confiance indispensable entre les habitants et leur bailleur.

En quoi le rôle du gardien a-t-il évolué ces dernières années, au-delà de ses missions traditionnelles ?

« Le métier a beaucoup changé. Il ne se limite plus aux missions techniques ou de propreté. »

Florence le voit comme une présence attentive qui observe, veille, rassure et écoute au quotidien. Il est bien souvent la première porte à laquelle les résidents osent frapper, qu’il s’agisse de régler un simple souci technique ou de confier une difficulté plus personnelle. Pour elle, il est réellement ce relais indispensable entre les habitants et le bailleur.

Les Trophées et la proximité

Décembre 2025 Remise des Trophées de la Proximité

Portrait de Florence Dubreucq SIA Habitat Coordinatrice Politiques Sociales
Intervention des bailleurs dont Florence Dubreucq SIA Habitat & Benoît Lefebvre Habitat Hauts de France – Remise Trophées 2025

Que représente pour elle la remise des Trophées et la reconnaissance de ces actions ? 

Pour Florence, la remise des Trophées constitue un moment essentiel de valorisation. Elle y voit une occasion unique de mettre en lumière ces initiatives, souvent discrètes, mais qui ont un impact bien réel sur le quotidien des résidences.

Elle souligne que c’est aussi un grand moment de fierté pour les gardiens de ses équipes. À travers ces distinctions, ils se sentent véritablement reconnus dans leur engagement et soutenus dans leurs actions par le bailleur.

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Est-ce que cette valorisation change le regard porté sur le métier de gardien, en interne comme auprès des habitants ?

« Oui, clairement. »

Pour Florence, cette mise en lumière permet, en interne, de faire prendre conscience de toute la richesse et de la diversité de leur rôle.

Elle constate que, du côté des habitants, cela renforce l’image d’un gardien investi et sincèrement proche d’eux. Selon elle, cette reconnaissance institutionnelle est fondamentale. Elle contribue à repositionner ce métier comme un véritable pilier du lien social pour le bailleur.

Une vision plus large et collective

Selon Florence, pourrait-on imaginer davantage d’interactions entre différentes sociétés HLM pour mutualiser ce type d’actions et d’initiatives ?

« Oui, absolument »

Florence souligne qu’il existe déjà des échanges et des projets travaillés en « inter-bailleur », notamment autour d’actions liées à l’exonération de la TFPB (Taxe Foncière sur les Propriétés Bâties). Pour elle, ces collaborations sont précieuses car elles permettraient de partager des bonnes pratiques et de porter ensemble des initiatives qui bénéficient à tout le territoire.

« Ensemble, on est plus fort, on va plus loin »

Quels freins et quels leviers voit-elle pour développer une dynamique inter-bailleurs autour du lien social ?

  • Freins : organisation interne, manque de temps, priorités différentes, difficulté à aligner les méthodes de travail.
  • Leviers : volonté politique commune, retours d’expérience positifs, financement partagé, création de groupes de travail inter-bailleurs.

À quoi pourrait ressembler une collaboration idéale entre les bailleurs pour amplifier l’impact de ces projets ?

Pour Florence, une collaboration idéale entre organismes commencerait par des projets communs à petite échelle. Des actions simples, concrètes qui soient pensées comme des terrains d’expérimentation.
L’objectif ne serait pas de s’inspirer à distance, mais bien de « réfléchir collectivement » et de « co-construire des actions, en les testant de manière partagée ».

Ces premières initiatives serviraient de base d’apprentissage. Elles permettraient d’identifier rapidement ce qui fonctionne, d’ajuster ce qui doit l’être et de progresser grâce à des retours d’expérience croisés, réguliers et transparents.

À terme, Florence imagine une dynamique structurée autour d’échanges fréquents, d’outils communs et d’une coordination claire. Un réseau vivant, fondé sur l’expérimentation, l’amélioration continue et la volonté commune « d’amplifier progressivement l’impact des projets  en construisant ensemble. »

Pour conclure

Quel message aimerait-elle faire passer aux gardiens qui hésitent encore à lancer une action sur leur résidence et voir quels freins et leviers on peut attendre de la hiérarchie ?

« Osez ! Foncez ! »

« Vous êtes au plus près des habitants et vous savez mieux que quiconque ce dont ils ont besoin. Une petite idée peut avoir un grand impact. Et vous n’êtes pas seuls : nous sommes là pour vous accompagner, vous soutenir et vous donner les moyens de réaliser vos projets. »

Freins et leviers de la hiérarchie :

  • Freins : budgétaire, surcharge de travail
  • Leviers : confiance des équipes, reconnaissance institutionnelle

Et plus largement, quel regard porte-t-elle sur l’avenir du développement social urbain dans le logement social ?

Florence porte un regard résolument optimiste sur l’avenir du développement social urbain. Elle observe que ces enjeux occupent une place croissante dans les stratégies des bailleurs, à la mesure des besoins exprimés sur les territoires. Dans un contexte marqué par des fragilités sociales multiples, elle reste convaincue que la présence humaine, l’écoute et la proximité demeurent des leviers indispensables pour accompagner durablement les habitants.

Conclusion de Franchir sur ce vaste sujet

À travers ce témoignage, Franchir rappelle que le développement social urbain ne se construit pas seul. Il repose sur l’engagement quotidien des équipes de terrain, sur la reconnaissance de leur rôle et sur la capacité des bailleurs à coopérer, expérimenter et innover ensemble. Autant de dynamiques essentielles pour répondre aux besoins des habitants et renforcer, durablement, le lien social au cœur des quartiers.

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Trophées de la Proximité 2025

Cap sur l’édition 2025

Le 10 décembre prochain, la Fédération des esh et l’association FRANCHIR auront le plaisir de remettre les Trophées du personnel de proximité, un événement annuel dédié à la reconnaissance et à la valorisation des gardiens, gardiennes et collaborateurs investis au quotidien dans nos résidences.

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Formateur de Personnel de Proximité et Encadrants

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Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir le parcours de Mohamed Kabbouchi, lauréat du Trophée FRANCHIR 2007 – Meilleur gardien de l’année. Depuis cette distinction, il a suivi un chemin remarquable dans le secteur du logement social, qu’il a intégré dès 2003.

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Chaque année, en partenariat avec la Fédération des ESH,les Trophées Franchir récompensent des initiatives remarquables portées par des professionnels de terrain engagés dans l’amélioration du cadre de vie, le lien social et l’innovation. L’édition 2024 a une fois de plus mis à l’honneur des projets inspirants et porteurs de changement

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Interview d’un gardien référent

Point de vue de Pascal Deboudt sur le CQP 

Les missions au quotidien de Pascal Deboudt – Habitat Hauts de France            

Localisation : Cappelle-la-Grande, Gravelines (59)

Pascal Deboudt est gardien d’immeubles référent dans le secteur de Dunkerque. Avec le soutien de sa cheffe d’agence, Madame Duroisin, il encadre une équipe de 11 gardiens pour gérer un parc de 1300 logements, incluant des immeubles collectifs et des habitations individuelles.

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