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Portrait Florence Dubreucq 

À la suite de la Remise des Trophées 2025, au cours de laquelle quatre équipes de gardiens de SIA Habitat ont été récompensées, Franchir a souhaité donner la parole à Florence Dubreucq, engagée au quotidien aux côtés de ces équipes de terrain.

Depuis janvier 2026 Florence est devenue Coordinatrice des Politiques Sociales au sein de SIA HABITAT. Entrée au sein de ce bailleur social en 2022, elle occupait jusqu’à fin 2025 le poste de Chargée de Mission du Développement Social Urbain.

Pour commencer, son parcours

Florence Dubreucq Coordinatrice Politiques Sociales

Son parcours professionnel et ce qui l’a menée aujourd’hui à son de rôle de Chargée de mission Développement social urbain chez SIA Habitat

Après un BTS d’assistante de direction, Florence a travaillé plusieurs années à l’Assurance Maladie, où elle a occupé différents postes, de l’éducation à la santé aux missions administratives, en passant par des projets d’innovation sociale. Ces expériences lui ont permis d’être au contact direct des publics tout en contribuant à des actions centrées sur le bien être des personnes.

Ces années ont été particulièrement épanouissantes pour elle. Contribuer concrètement à améliorer le quotidien des autres et développer des initiatives innovantes a façonné sa vision professionnelle. C’est ce qui l’a naturellement conduite à rejoindre SIA Habitat pour s’engager pleinement dans le développement social urbain.

Y a-t-il une étape ou une expérience marquante qui a façonné votre regard sur le lien social dans les quartiers ?

Plus qu’un moment précis, ce sont les rencontres accumulées au fil des années sur le terrain qui ont façonné son regard sur le lien social. Les échanges avec les habitants et les acteurs de proximité tel que les travailleurs sociaux lui ont montré à quel point une écoute sincère peut transformer certains individus.

Elle l’a souligné :

« Des personnes parfois perçues comme fermées changent profondément dès lors qu’on leur accorde du temps, une écoute sans jugement et une parole sincère, sans fausses promesses. »

Elle a aussi compris combien les quartiers recèlent une richesse humaine souvent invisible. On y apprend beaucoup des habitants et de leur capacité à faire face aux difficultés. Ce sont ces constats qui ont renforcé sa conviction que le lien social de proximité est essentiel dans l’exercice de son métier.

« Avec le temps, on devient ce “petit truc en plus” qui apporte un repère dans des contextes souvent marqués par la précarité, le chômage, la solitude ou l’épuisement. »

Le déclencheur de l’engagement

Qu’est-ce qui l’a motivée personnellement à encourager et soutenir les actions portées par les gardiens au quotidien ?

Ce qui motive Florence avant tout, c’est la conviction que les gardiens jouent un rôle clé dans le bien être des locataires. Présents au quotidien, proches des habitants et fins connaisseurs des résidences, ils sont en mesure d’agir de façon très concrète. Même une action simple, portée par un gardien, peut avoir un impact immédiat et visible.

« Soutenir leurs initiatives, c’est donc agir directement sur la qualité de vie dans les quartiers. »

Est-ce plutôt son parcours professionnel, sa sensibilité personnelle, ou le contact direct avec les gardiens qui a été le véritable déclencheur ?

« C’est un mélange des trois !
Ma sensibilité personnelle m’a naturellement conduite vers des métiers à dimension humaine. »

Le parcours professionnel de Florence lui a apporté les outils nécessaires pour accompagner des projets. Les échanges quotidiens avec les gardiens, leur dévouement, leur connaissance fine des résidences et leur volonté sincère d’aider les locataires nourrissent et renforcent chaque jour son engagement.

Est-ce une action ou un projet de gardien qui l’a particulièrement marquée et qui a renforcé cette envie d’agir ?

Plus qu’une action précise, ce sont l’ensemble des projets menés avec les gardiens qui ont marqué Florence et renforcé son envie d’agir.

« À chaque fois qu’un projet se concrétise, qu’il apporte un mieux-être aux habitants, cela me donne immédiatement envie d’en impulser un nouveau. Je ne ressens jamais une “fin” mais plutôt une dynamique qui se nourrit d’elle-même. »

Ce qui l’anime, c’est la continuité :

  • rester présente,
  • maintenir l’élan,
  • accompagner les gardiens et les locataires dans la durée.

Chaque initiative confirme que la démarche est juste et qu’il existe toujours des pistes à améliorer ou à inventer.

C’est cette dynamique, renouvelée projet après projet, qui nourrit son engagement au quotidien.

Le rôle clé des gardiens

De manière générale, qu’apportent ces initiatives de gardiens à la vie des résidences et aux habitants ?

De manière générale, qu’apportent ces initiatives de gardiens à la vie des résidences et aux habitants ?

Pour Florence, les initiatives portées par les gardiens sont essentielles : elles insufflent de la vie, de la cohésion et, surtout, un véritable sentiment d’appartenance au sein des résidences. Elle voit en eux un rempart précieux contre l’isolement, facilitant un « vivre-ensemble » qui améliore concrètement le quotidien de chacun.

Au-delà du lien social, Florence souligne que ces actions ont un véritable effet apaisant. En étant présents et actifs, les gardiens sécurisent les lieux et renforcent ce lien de confiance indispensable entre les habitants et leur bailleur.

En quoi le rôle du gardien a-t-il évolué ces dernières années, au-delà de ses missions traditionnelles ?

« Le métier a beaucoup changé. Il ne se limite plus aux missions techniques ou de propreté. »

Florence le voit comme une présence attentive qui observe, veille, rassure et écoute au quotidien. Il est bien souvent la première porte à laquelle les résidents osent frapper, qu’il s’agisse de régler un simple souci technique ou de confier une difficulté plus personnelle. Pour elle, il est réellement ce relais indispensable entre les habitants et le bailleur.

Les Trophées et la proximité

Décembre 2025 Remise des Trophées de la Proximité

Portrait de Florence Dubreucq SIA Habitat Coordinatrice Politiques Sociales
Intervention des bailleurs dont Florence Dubreucq SIA Habitat & Benoît Lefebvre Habitat Hauts de France – Remise Trophées 2025

Que représente pour elle la remise des Trophées et la reconnaissance de ces actions ? 

Pour Florence, la remise des Trophées constitue un moment essentiel de valorisation. Elle y voit une occasion unique de mettre en lumière ces initiatives, souvent discrètes, mais qui ont un impact bien réel sur le quotidien des résidences.

Elle souligne que c’est aussi un grand moment de fierté pour les gardiens de ses équipes. À travers ces distinctions, ils se sentent véritablement reconnus dans leur engagement et soutenus dans leurs actions par le bailleur.

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Est-ce que cette valorisation change le regard porté sur le métier de gardien, en interne comme auprès des habitants ?

« Oui, clairement. »

Pour Florence, cette mise en lumière permet, en interne, de faire prendre conscience de toute la richesse et de la diversité de leur rôle.

Elle constate que, du côté des habitants, cela renforce l’image d’un gardien investi et sincèrement proche d’eux. Selon elle, cette reconnaissance institutionnelle est fondamentale. Elle contribue à repositionner ce métier comme un véritable pilier du lien social pour le bailleur.

Une vision plus large et collective

Selon Florence, pourrait-on imaginer davantage d’interactions entre différentes sociétés HLM pour mutualiser ce type d’actions et d’initiatives ?

« Oui, absolument »

Florence souligne qu’il existe déjà des échanges et des projets travaillés en « inter-bailleur », notamment autour d’actions liées à l’exonération de la TFPB (Taxe Foncière sur les Propriétés Bâties). Pour elle, ces collaborations sont précieuses car elles permettraient de partager des bonnes pratiques et de porter ensemble des initiatives qui bénéficient à tout le territoire.

« Ensemble, on est plus fort, on va plus loin »

Quels freins et quels leviers voit-elle pour développer une dynamique inter-bailleurs autour du lien social ?

  • Freins : organisation interne, manque de temps, priorités différentes, difficulté à aligner les méthodes de travail.
  • Leviers : volonté politique commune, retours d’expérience positifs, financement partagé, création de groupes de travail inter-bailleurs.

À quoi pourrait ressembler une collaboration idéale entre les bailleurs pour amplifier l’impact de ces projets ?

Pour Florence, une collaboration idéale entre organismes commencerait par des projets communs à petite échelle. Des actions simples, concrètes qui soient pensées comme des terrains d’expérimentation.
L’objectif ne serait pas de s’inspirer à distance, mais bien de « réfléchir collectivement » et de « co-construire des actions, en les testant de manière partagée ».

Ces premières initiatives serviraient de base d’apprentissage. Elles permettraient d’identifier rapidement ce qui fonctionne, d’ajuster ce qui doit l’être et de progresser grâce à des retours d’expérience croisés, réguliers et transparents.

À terme, Florence imagine une dynamique structurée autour d’échanges fréquents, d’outils communs et d’une coordination claire. Un réseau vivant, fondé sur l’expérimentation, l’amélioration continue et la volonté commune « d’amplifier progressivement l’impact des projets  en construisant ensemble. »

Pour conclure

Quel message aimerait-elle faire passer aux gardiens qui hésitent encore à lancer une action sur leur résidence et voir quels freins et leviers on peut attendre de la hiérarchie ?

« Osez ! Foncez ! »

« Vous êtes au plus près des habitants et vous savez mieux que quiconque ce dont ils ont besoin. Une petite idée peut avoir un grand impact. Et vous n’êtes pas seuls : nous sommes là pour vous accompagner, vous soutenir et vous donner les moyens de réaliser vos projets. »

Freins et leviers de la hiérarchie :

  • Freins : budgétaire, surcharge de travail
  • Leviers : confiance des équipes, reconnaissance institutionnelle

Et plus largement, quel regard porte-t-elle sur l’avenir du développement social urbain dans le logement social ?

Florence porte un regard résolument optimiste sur l’avenir du développement social urbain. Elle observe que ces enjeux occupent une place croissante dans les stratégies des bailleurs, à la mesure des besoins exprimés sur les territoires. Dans un contexte marqué par des fragilités sociales multiples, elle reste convaincue que la présence humaine, l’écoute et la proximité demeurent des leviers indispensables pour accompagner durablement les habitants.

Conclusion de Franchir sur ce vaste sujet

À travers ce témoignage, Franchir rappelle que le développement social urbain ne se construit pas seul. Il repose sur l’engagement quotidien des équipes de terrain, sur la reconnaissance de leur rôle et sur la capacité des bailleurs à coopérer, expérimenter et innover ensemble. Autant de dynamiques essentielles pour répondre aux besoins des habitants et renforcer, durablement, le lien social au cœur des quartiers.